______ +Point de Vue de Bill+
Des flashs. Poser. Feindre le professionalisme. Regards hautains. Et sentiments ignorés. Jouer, parler, avancer, sourir, mentir. Se concentrer sur l`instant présent, complètement absent. Se lever chaque matin et revêtir les mêmes déguisements que les jours précédents. J`avais repris mes anciennes habitudes, à savoir redevenir cette célébrité hautaine et fière. J`avais décidé qu`il vallait mieux oublier ces dernières heures. Lâcheté. Fuire. Ne pas assumer. Prétendre l`oubli. L`hôtel nous paraissait trop luxueux en comparaison des habitations entourant le terrain de basket. Je suis assis, genoux contre mon torse, observant les trois autres jouer à la console. Dans un coin de la pièce, un ballon de basket tagué s`est égaré. Je l`ignore. Indifférence. A dix-huit ans, le mensonge à soi-même n`est que trop évident. Regardant sans y faire attention le jeu, je réfléchi à notre présence ici. Promouvoir, évoluer, s`étendre, grandir. Et vivre. J`étais simplement trop fier pour avouer qu`elles me manquaient. Je vivais comme un con égaré entre mes trainées d`eyeliner et mon apparence d`androgyne. Comme un con. Trop fier, trop orgueilleux et trop enseveli sous un trop plein d`animosité.
Tom me tire de mes réflexions, se levant et tappant violemment dans le mur.
- Putain elles me manquent.
- Bordel Tom, soupira Gustav, viens jouer.
J`observe mon frère jumeau. Il est debout, son regard dans le mien. Immobile et hautain. Il semble attendre un réponse. Il attend sans doute que je réagisse. Que je scande mon indignation, ou pire, que je mèle à ses lamentations. Mais je n`en fais rien. Semblable à lui, je m`enferme dans mon mutisme, sous le regard exaspéré de mes deux amis. J`aimerais pouvoir me joindre à lui, et lui dire qu`elles me manquent. Que ces deux derniers jours, si lointains de notre habituelle réalité, m`ont paru être les plus beaux. Qu`au fond de moi, j`avais appris à les aimer. Que oui, sans elles, il y avait comme un vide. De ceux qu`on ne comble pas. Mais je me tais. Silencieux, paresseux, et idiot. Il attend quelques secondes, quelques minutes, et grimace. Je sais que lui n`a pas peur d`avouer ce besoin. Je n`ai pas peur non plus. Je n`en ai pas envie. Car l`avouer serait descendre à l`acceptation d`une dépendance. Je refuse. Il soupire, je ferme les yeux. Il donne un coup de pied dans le vide et fait quelques pas.
- Putain Bill, réagis, merde !
- Tu voudrais que je te dise quoi ? Il n`y a rien à dire.
- De toute façon, ajouta Gustav en se détournant de sa manette, elles reviendront si elles en ont envie.
- On en a déjà parlé cinquante mille fois, scanda l`androgyne. On pourrait changer de sujet de temps en temps.
- Moi je reste persuadé qu`elles ont besoin d`aide, ajouta ensuite Gerog désolé.
- Mais bien sûr. On a qu`à se vêtir de notre super cape et se servir de nos super pouvoirs pour les sortir d`une merde face à laquelle nous sommes impuissants. Des tas de gens ont essayé de les aider, je ne vois pas pourquoi nous on y arriverait.
- Bordel Bill, s`énerva Tom, t`es vraiment trop con comme mec.
- Si t`as un problème avec ta conscience, tu n`as qu`à retourner les voir dans leur misère. Moi j`ai déjà trop donné, n`espère même pas la moindre chose de moi.
- Le problème avec toi, Bill, c`est que tu penses qu`à ta putain de gueule d`ange. Tu es égoïste et indifférent. Tu me répugnes.
- Je t`ai jamais demandé d`approuver mes choix. T`es grand, tu peux faire ce que tu veux.
Je l`observe me tourner le dos, poingt serrés. Voilà l`étendu de nos cinq jours. On se lève pour travailler. Poser, marcher, convaincre. On va de répétitions en répétitions & de promotions en promotions. Parrallèlement, deux camps. Georg et Tom. Gustav et moi. Les deux idiots veulent y retourner. Les insultes ne les touchent pas, ils s`en fichent. Gustav est rationnel. Il attend, continue, grandit. On vous dégoûte ? Tant mieux, je suis de loin le pire. Lentement, je me lève, et m`approche du coin de la pièce. Au sol, le ballon me nargue, et je sens quatre regards sur mon dos. Lentement, je me penche et saisis l`objet rond. Grimaçe. Pourquoi est-ce que çà fait si mal ? Pourquoi leurs images nous hantent ? On pose devant les appareils, et nous ne voyons qu`elles. Je jette furieusement le ballon à travers la pièce, et Georg le rattrape fidèlement. Il me jette un regard compréhensif.
Ouais, çà fait mal.
______ +Point de Vue de Delia+
« - Putain Maëlys, qu`est-ce qu`il t`arrive ?
- Me saoule pas, tu peux pas comprendre !
- Ouais, c`est clair que j`ai une vie beaucoup plus belle que la tienne. »
Un fossé. Sourires froids. Regards éteinds et mensonges. Maëlys s`est éloignée de moi sans que je ne puisse rien y faire. Au début, j`ai tout fais pour ne pas laisser le ressenti s`installer. J`ai tenté de lui parler. De l`écouter. De l`accompagner. Mais durant ces cinq jours, Maëlys n`a cessé de m`éviter. Chose qu`elle n`avait jamais faite, elle partait chaque matin seule, sans moi, et revenait le soir accompagnée et plus souillée que la veille. Elle me laissait, abandonnée. La journée devenant pour moi la pire des douleurs. Celle, donc, perdue dans leurs regards. M`imposant ses choix et son mutisme, elle était devenue pour moi le pire des bourreaux.
- PUTAIN MAMAN FAIS DÈGAGER CE MEC
Je suis allongée sur mon lit, et à travers les murs de carton-pâte, j`entend une énième engueulade entre Maëlys et sa mère. Sujet récurrent ? Le nouveau beau-père de Maëlys. Il n`est pas valeureux, toujours à boire, à se droguer, à baiser. Réalité écrasante. J`ettoufe dans ce monde trop humide et sali. Pour la première fois depuis longtemps, allongée sur le ventre à écrire, j`ai l`impression de ne pas avoir fais le bon choix, autrefois.
Je regrette d`avoir choisir Maëlys.
- Maëlys, entendis-je grimacer la dite génétrice
- FAIS LE DÈGAGER AVANT QUE JE NE LE TUE
- DÈGAGE MAÊLYS ...
- C`est lui ou moi Maman ...
- Alors c`est lui. Tu n`es qu`une enfant gâtée Maëlys !
- Et gâtée par quoi ? Par une putain, alcoolique & droguée ? Tu m`fais pitié, maman. T`es tellement NULLE !
J`entends la gifle partir, et la porte se claque derrière moi. Je suis sortie, et personne ne me suit. Je n`en peux plus. Chaque jour, les mêmes cris. Chaque jour, le même oubli. Maëlys ne me regarde plus, et je sens en çà une horrible déception. J`y perçois un échec et je m`effondre sur le terrain de basket. Au loin, j`entends encore des bruits de verres cassés. Des disputes, il n`y a que çà, ici. À l`instant présent, je voudrais aller à l`hôtel des garçons, et m`allonger à nouveau avec eux sur la pelouse humide du parc. Je suis bien avec eux. Je me sens entière, et injugée. Oui, à cet instant, plutôt que de voir Maëlys, je voudrais voir Tom. Tom. Son visage m`obsède. Je vois son sourire dans les miens disparus, et j`entends sa voix dans chaque bruissement de vent. Je ferme les yeux, et m`évade jusqu`à lui. Je soupire. Il m`obsède, me nourrit, me détruit. Je n`arrive plus à baiser. Et sans çà, je ne peux pas manger. Mon corps, mon âme, mon être, il en a fait siens. Je voudrais lui hurler ma haine, pour qu`il me laisse retourner dans la monotonie de ma vie, mais il réside, m`ignorant. Je fatigue, de ne plus arriver à survivre seule. Maëlys partie, je suis face à moi même, et je prend peur. Il m`empêche de survivre, et elle m`empêche de vivre. Délicieuse déchéance. Au loin, j`entend une porte qui s`ouvre. Maëlys s`en va, sans m`attendre. Je ne me relève pas. On s`est perdues.
_____« Jacques à dit cours, Jacques à dit aime. J`ai beau t`aimer tu pars quand même. »
Rendez-vous à l`automne. Je t`attendrai parmis les feuilles mortes.
Je reprend ce chemin devenu une habitude écrasante. Je m`attend à entendre les cris de Maëlys et de sa mère, mais c`est un silence inhabituel qui pèse autour de moi. Je l`appelle, d`une petite voix. J`évite des verres brisés sur le sol et me dirige vers sa chambre, puis la mienne. Des flashs de notre conversation et de nos silences se percutent à l`entrée de mon esprit. J`hurle alors son prénom, résonnant entre les murs vides de couleur. Elle n`est plus ici. La peur se propage à l`intérieur de moi. Je me précipite à l`extérieur et m`arrête, dos à la maison, réfléchissant aux endroits vers lesquels elle aurait pu se diriger. La première idée qui me vient est le terrain de basket, même si je pense peu probable qu`elle y soit. Je cours jusqu`à son centre, mais ne distingue rien. Je plisse les yeux, essayant d`améliorer ma vue. Rien. Je frappe le sol en criant.
- PUTAIN !
Deuxième essai, le parc. Je le parcours de long en large. Mais je ne la trouve toujours pas. Et s`il lui était arrivé quelque chose ? Et si on était séparées, définitivement ? Je regrette mes mots, et mes pensées. Maëlys, reviens. Je ne regrette pas de t`avoir choisi. Maëlys, reviens, s`il te plait. Je ne te quitterais pas. Impossible. Elle m`a tout appris, sans elle je ne suis plus rien. Nous sommes liées pour vivre ensemble. Être à deux, dans l`infinité du cauchemar dans lequel nous vivons. Ma voix ne chante que pour elle. Sa guitare ne joue que pour moi. L`unité que nous formons ne peut être divisée. Je ferme les yeux quelques minutes, tentant de me remémorer les moindres recoins de notre enfance. Mes pas m`amènent à la plaine de jeu désaffectée. Mais la balançoire bouge seule, poussée par le vent. Ou peut-être l`arbre, à l`arrière de la banlieue. Endroit reclus qui nous servait d`échappatoire, rempli par nos chansons et nos promesses. Arbre contre lequel nous nous sommes écorché les poings, et qui porte encore la trace de notre sang à force de le frapper. Devenir fortes. Elle l`était déjà, je ne le suis toujours pas. Je m`approche de son tronc et, revoyant son air dur me dire de frapper, je sers le poing avant d`étouffer un léger cri de douleur.
__________ « - La colère dope ta poigne. Tu vois, chaque matin, je fais de la boxe. Je tape à m`en tuer les poings, mais çà me permet de garder mon sang froid. Tape. De toutes tes forces. Le sang n`est rien, juste la preuve de ta puissance. La douleur physique n`est rien face à celle qui écrase ton coeur. Tape de toutes tes forces. Putain, Delia, t`es une fillette ? Tape j`te dis, ne caresse pas, tape. Tu dois frapper, tuer, haïr. Tu m`fais quoi là ? Regarde ! C`est çà qui faut faire. Ne grimaçe pas, ce n`est que du sang. Tape, encore. Plus fort Delia ! PLUS FORT ! »
Je frappe. Grimaces et déchirures. J`hurle en cognant. Seules quelques égratinures sont tracées sur ma main, ayant la peau durcie par ces coups. Forte en apparence. Je me retourne à m`adosse à l`arbre, les yeux perdus dans le vide, avant de repartir. Je fais et refais tous les coins de la banlieue, jusqu`aux ruelles les plus improbables. Mais je ne la trouve toujours pas. Je continue à marcher, espérant qu`elle apparaisse par je ne sais quel miracle. Les yeux rivés au sol, je perds toute notion de temps et de lieu. Quand je relève la tête, je peux lire face à moi Four Seasons New-York. Dernier espoir. Je prie, et n`ose pas rentrer. Je n`ai pas le courage de Maëlys, et j`ai cru, pendant un instant, qu`elle serait là, adossé au même mur que la semaine précédente, avec son sourire malicieux. Mais elle n`est pas là, et la rue est désesperement vide. Je serre les poings, et tombe à genoux sur le trottoir. Pathétique. Les larmes coûlent, et des voix se font entendre.
- Imagine un instant qu`on arrive à ... Delia ?
La voix de Georg se perd. Je relève légèrement mes yeux cendrés de noirs, desquels mon maquillage s`est glissé jusqu`à mes joues blanchies de froid. Merci. La barrière de mes lèvres ne laissent pas franchir l`imploration que je voudrais faire au ciel. Merci de les avoir remis sur ma route. Je me relève, et sans prévenir, je me jette dans les bras de Tom. Ce dernier, à peine surpris, resserre ses bras dans mon dos. Je me laisse aller, et à travers mes larmes, je dégage la souffrance qui est en moi. J`avais oublié à quel point son odeur m`apaisait.
- Aide moi, hoquetais-je, s`il te plait
- Chut, calme toi. Qu`est ce qu`il y a ?
Mes sanglots m`ettoufent, et je n`arrive pas à articuler. Je frôle la crise d`angoisse, et crains de ne jamais revoir Maëlys. Je prends peur, et resserre mon étreinte.
- Maëlys ... je ne sais pas où elle est
Tom acquiesçe. J`entend Gustav s`éloigner, et je perçois des brides de conservations. Ils seront un peu en retard, ils arrivent. Tom se détache de moi, et me prenant la main, m`entraîne avec eux dans l`obscurité de la nuit.
- Pourquoi est-elle partie ?
- Elle s`est encore engueulée avec sa mère, mais je ne sais pas où elle est. J`ai cherché partout.
- C`est à dire ? Relança Bill
- Le terrain de basket, le parc, la plaine de jeu, les rues, les batiments ... Tout.
______ +Point de Vue de Tom+
Sourire, malgré tout.
Le manque s`installe. Elles étaient comme nous, en plus malheureuse. Battue, mourrante et sans amour. Juste du sexe & la volonté de se battre. Je me suis senti jeté dans une vérité que je refusais. L`impression que tout çà m`est inconnu. M`était? Souffrir. Le silence reste, et blesse. Nous sommes tous faux, à attendre. Et attendre quoi. Jusqu`à ce qu`elle nous revienne, en pleurant. Les joues marquées de noir, et sa déchirure. Maelys est partie. De son coeur, de son quotidien, et de chez elle. Où est-elle ? Que fait-elle ? Sourit-elle ? Elles s`accrochent à la vie par la musique, & par la haine. Nous nous accrochions à la notre par la différence, et l`ambition. Nous n`étions pas destiné à les rencontrer, et pourtant, elles ont changé notre vie. Une impression de reconnaissance. Je me suis perdu dans leurs sourires, égarés dans ma passion. Elle, surtout. Partie mais si inerte. Tellement là, tellement prenante. Elle est en moi, jetée dans ma rêverie. Elle m`ouvre un autre univers, celui que je refusais. Bien qu`elle s`en aille, chaque fois pour mieux revenir, son image me reste. Mon coeur se sert, tout se perd. Je m`ennivre, envieux de m`enfoncer dans cette aventure. Mais partie, et Delia abandonnée, je me sens pris dans cet ailleurs. Aller la chercher, me perdre avec elle dans ces rues, dans ce monde. Me faire battre pour elle, entendre les mêmes cris & orgasmes, et jouer sur le même terrain. Je veux jouer sur sa guitare désarcordée et faire l`amour à des mecs qui me répugnent. Je voudrais être elle & avec elle. Moi, Tom Kaulitz, me taisant par fierté, & mentant par orgueil, je ressens ce que je ne voulais pas ressentir. Le besoin d`une autre.
- Je ne me sentais pas, sanglota t-elle, je ne me sentais pas la force d`aller voir Bryan.
- Qui est Bryan ? interrogea Georg.
- Bryan, c`est le gars qu`on va voir quand on a besoin de sous et donc de mecs. Soit il nous trouve un coup un tirer, soit il a des tunes et nous en donne. Et si parfois il a de la drogue ...
Elle ne finit pas sa phrase et baisse la tête. Je vois que sans Maëlys, elle n`assume pas ce qu`elle est. Bill, l`air grave, acquiesse et Delia nous entraine à travers quelques impasses. Nous arrivons aux portes d`une maison insalubre mais bruyante. Delia sonne et un pré-adulte nous ouvre. Je n`aime pas ses manières. Il prend Delia par la taille et lui dépose un bisou dans le cou.
- Salut ma belle, t`as amené des copains à ce que je vois.
- Non Bryan, j`ai besoin d`aide ...
- J`ai tout ce qu`il te faut, la coupa t-il. En ce moment, j`ai eu pas mal de dose, je peux t`en faire une pas trop chère. Ca vous permettrait de bien ...
- Non non, j`ai juste besoin de savoir où est Maëlys.
- Eh princesse, j`suis pas les renseignements. Moi j`te donne des mecs à sucer. Des qui te prennent et qui t`ouvrent les cuisses. Et comme j`aime bien ta gueule, j`te propose les extras. En plus, comme Maëlys baise bien, j`vous fait toujours des prix et je vous donne les meilleurs bites ...
Dégoûté. L`effroyable vulgarité de ce monde m`écrase.
- Viens Delia, on s`en va.
On quitte cette endroit malsain, un silence alourdissant l`air. Delia nous fuit, évitant nos regards. On la suit une heure durant, mais nos pas nous ramène à l`hôtel. Il a fallu qu`on échange impasses contre boulevards, obscurité contre lumière. Et Bill hoquète. Elle est là, recroquevillée contre un mur. Les passants ne la voient même pas. Genoux contre elle, elle relève la tête. Surprise. Son oeil droit est noir, pris sous un bleu impressionnant. Sa joue a gonflé, autant que ses yeux sont rougis. Elle n`est pas maquillée, et son sourire me parait lointain. Delia colle sa tête contre mon torse, et pleure un peu plus. Alors Maëlys se fait battre ? Delia ne bouge pas, & nous sommes aussi immobiles. Là, Bill oublie toute fierté, & s`avance. Il tend sa main à la jeune fille, qui se relève. Il tente de la prendre dans ses bras, et elle me parait fragile. Fragile ...
Elle le repousse, tête baissée.
- Ca va, t`en fais pas ...
& là, Delia hurle, se détache de moi, et se jette dans les bras de son amie. Cette sourire retient ses larmes, et serre celle qu`elle considère comme sa petite soeur.
- Schwester ...
Delia s`effondre dans ses bras.
Comment avons-nous pu croire qu`elles s`en sortiraient seules.
- Dis leur merci, chuchotte Delia
- Non, ils le save..
- DIS LEUR MERCI ...
Delia s`écarte et jette un regard perdu à Maëlys. Cette dernière mord sa lèvre inférieure, et nous regarde. Elle étouffe un merci entre ses lèvres, et Delia revient vers moi. Sa main est plus petite que la mienne, et elle la glisse contre moi.
Des flashs. Poser. Feindre le professionalisme. Regards hautains. Et sentiments ignorés. Jouer, parler, avancer, sourir, mentir. Se concentrer sur l`instant présent, complètement absent. Se lever chaque matin et revêtir les mêmes déguisements que les jours précédents. J`avais repris mes anciennes habitudes, à savoir redevenir cette célébrité hautaine et fière. J`avais décidé qu`il vallait mieux oublier ces dernières heures. Lâcheté. Fuire. Ne pas assumer. Prétendre l`oubli. L`hôtel nous paraissait trop luxueux en comparaison des habitations entourant le terrain de basket. Je suis assis, genoux contre mon torse, observant les trois autres jouer à la console. Dans un coin de la pièce, un ballon de basket tagué s`est égaré. Je l`ignore. Indifférence. A dix-huit ans, le mensonge à soi-même n`est que trop évident. Regardant sans y faire attention le jeu, je réfléchi à notre présence ici. Promouvoir, évoluer, s`étendre, grandir. Et vivre. J`étais simplement trop fier pour avouer qu`elles me manquaient. Je vivais comme un con égaré entre mes trainées d`eyeliner et mon apparence d`androgyne. Comme un con. Trop fier, trop orgueilleux et trop enseveli sous un trop plein d`animosité.
Tom me tire de mes réflexions, se levant et tappant violemment dans le mur.
- Putain elles me manquent.
- Bordel Tom, soupira Gustav, viens jouer.
J`observe mon frère jumeau. Il est debout, son regard dans le mien. Immobile et hautain. Il semble attendre un réponse. Il attend sans doute que je réagisse. Que je scande mon indignation, ou pire, que je mèle à ses lamentations. Mais je n`en fais rien. Semblable à lui, je m`enferme dans mon mutisme, sous le regard exaspéré de mes deux amis. J`aimerais pouvoir me joindre à lui, et lui dire qu`elles me manquent. Que ces deux derniers jours, si lointains de notre habituelle réalité, m`ont paru être les plus beaux. Qu`au fond de moi, j`avais appris à les aimer. Que oui, sans elles, il y avait comme un vide. De ceux qu`on ne comble pas. Mais je me tais. Silencieux, paresseux, et idiot. Il attend quelques secondes, quelques minutes, et grimace. Je sais que lui n`a pas peur d`avouer ce besoin. Je n`ai pas peur non plus. Je n`en ai pas envie. Car l`avouer serait descendre à l`acceptation d`une dépendance. Je refuse. Il soupire, je ferme les yeux. Il donne un coup de pied dans le vide et fait quelques pas.
- Putain Bill, réagis, merde !
- Tu voudrais que je te dise quoi ? Il n`y a rien à dire.
- De toute façon, ajouta Gustav en se détournant de sa manette, elles reviendront si elles en ont envie.
- On en a déjà parlé cinquante mille fois, scanda l`androgyne. On pourrait changer de sujet de temps en temps.
- Moi je reste persuadé qu`elles ont besoin d`aide, ajouta ensuite Gerog désolé.
- Mais bien sûr. On a qu`à se vêtir de notre super cape et se servir de nos super pouvoirs pour les sortir d`une merde face à laquelle nous sommes impuissants. Des tas de gens ont essayé de les aider, je ne vois pas pourquoi nous on y arriverait.
- Bordel Bill, s`énerva Tom, t`es vraiment trop con comme mec.
- Si t`as un problème avec ta conscience, tu n`as qu`à retourner les voir dans leur misère. Moi j`ai déjà trop donné, n`espère même pas la moindre chose de moi.
- Le problème avec toi, Bill, c`est que tu penses qu`à ta putain de gueule d`ange. Tu es égoïste et indifférent. Tu me répugnes.
- Je t`ai jamais demandé d`approuver mes choix. T`es grand, tu peux faire ce que tu veux.
Je l`observe me tourner le dos, poingt serrés. Voilà l`étendu de nos cinq jours. On se lève pour travailler. Poser, marcher, convaincre. On va de répétitions en répétitions & de promotions en promotions. Parrallèlement, deux camps. Georg et Tom. Gustav et moi. Les deux idiots veulent y retourner. Les insultes ne les touchent pas, ils s`en fichent. Gustav est rationnel. Il attend, continue, grandit. On vous dégoûte ? Tant mieux, je suis de loin le pire. Lentement, je me lève, et m`approche du coin de la pièce. Au sol, le ballon me nargue, et je sens quatre regards sur mon dos. Lentement, je me penche et saisis l`objet rond. Grimaçe. Pourquoi est-ce que çà fait si mal ? Pourquoi leurs images nous hantent ? On pose devant les appareils, et nous ne voyons qu`elles. Je jette furieusement le ballon à travers la pièce, et Georg le rattrape fidèlement. Il me jette un regard compréhensif.
Ouais, çà fait mal.
______ +Point de Vue de Delia+
« - Putain Maëlys, qu`est-ce qu`il t`arrive ?
- Me saoule pas, tu peux pas comprendre !
- Ouais, c`est clair que j`ai une vie beaucoup plus belle que la tienne. »
Un fossé. Sourires froids. Regards éteinds et mensonges. Maëlys s`est éloignée de moi sans que je ne puisse rien y faire. Au début, j`ai tout fais pour ne pas laisser le ressenti s`installer. J`ai tenté de lui parler. De l`écouter. De l`accompagner. Mais durant ces cinq jours, Maëlys n`a cessé de m`éviter. Chose qu`elle n`avait jamais faite, elle partait chaque matin seule, sans moi, et revenait le soir accompagnée et plus souillée que la veille. Elle me laissait, abandonnée. La journée devenant pour moi la pire des douleurs. Celle, donc, perdue dans leurs regards. M`imposant ses choix et son mutisme, elle était devenue pour moi le pire des bourreaux.
- PUTAIN MAMAN FAIS DÈGAGER CE MEC
Je suis allongée sur mon lit, et à travers les murs de carton-pâte, j`entend une énième engueulade entre Maëlys et sa mère. Sujet récurrent ? Le nouveau beau-père de Maëlys. Il n`est pas valeureux, toujours à boire, à se droguer, à baiser. Réalité écrasante. J`ettoufe dans ce monde trop humide et sali. Pour la première fois depuis longtemps, allongée sur le ventre à écrire, j`ai l`impression de ne pas avoir fais le bon choix, autrefois.
Je regrette d`avoir choisir Maëlys.
- Maëlys, entendis-je grimacer la dite génétrice
- FAIS LE DÈGAGER AVANT QUE JE NE LE TUE
- DÈGAGE MAÊLYS ...
- C`est lui ou moi Maman ...
- Alors c`est lui. Tu n`es qu`une enfant gâtée Maëlys !
- Et gâtée par quoi ? Par une putain, alcoolique & droguée ? Tu m`fais pitié, maman. T`es tellement NULLE !
J`entends la gifle partir, et la porte se claque derrière moi. Je suis sortie, et personne ne me suit. Je n`en peux plus. Chaque jour, les mêmes cris. Chaque jour, le même oubli. Maëlys ne me regarde plus, et je sens en çà une horrible déception. J`y perçois un échec et je m`effondre sur le terrain de basket. Au loin, j`entends encore des bruits de verres cassés. Des disputes, il n`y a que çà, ici. À l`instant présent, je voudrais aller à l`hôtel des garçons, et m`allonger à nouveau avec eux sur la pelouse humide du parc. Je suis bien avec eux. Je me sens entière, et injugée. Oui, à cet instant, plutôt que de voir Maëlys, je voudrais voir Tom. Tom. Son visage m`obsède. Je vois son sourire dans les miens disparus, et j`entends sa voix dans chaque bruissement de vent. Je ferme les yeux, et m`évade jusqu`à lui. Je soupire. Il m`obsède, me nourrit, me détruit. Je n`arrive plus à baiser. Et sans çà, je ne peux pas manger. Mon corps, mon âme, mon être, il en a fait siens. Je voudrais lui hurler ma haine, pour qu`il me laisse retourner dans la monotonie de ma vie, mais il réside, m`ignorant. Je fatigue, de ne plus arriver à survivre seule. Maëlys partie, je suis face à moi même, et je prend peur. Il m`empêche de survivre, et elle m`empêche de vivre. Délicieuse déchéance. Au loin, j`entend une porte qui s`ouvre. Maëlys s`en va, sans m`attendre. Je ne me relève pas. On s`est perdues.
_____« Jacques à dit cours, Jacques à dit aime. J`ai beau t`aimer tu pars quand même. »
Rendez-vous à l`automne. Je t`attendrai parmis les feuilles mortes.
Je reprend ce chemin devenu une habitude écrasante. Je m`attend à entendre les cris de Maëlys et de sa mère, mais c`est un silence inhabituel qui pèse autour de moi. Je l`appelle, d`une petite voix. J`évite des verres brisés sur le sol et me dirige vers sa chambre, puis la mienne. Des flashs de notre conversation et de nos silences se percutent à l`entrée de mon esprit. J`hurle alors son prénom, résonnant entre les murs vides de couleur. Elle n`est plus ici. La peur se propage à l`intérieur de moi. Je me précipite à l`extérieur et m`arrête, dos à la maison, réfléchissant aux endroits vers lesquels elle aurait pu se diriger. La première idée qui me vient est le terrain de basket, même si je pense peu probable qu`elle y soit. Je cours jusqu`à son centre, mais ne distingue rien. Je plisse les yeux, essayant d`améliorer ma vue. Rien. Je frappe le sol en criant.
- PUTAIN !
Deuxième essai, le parc. Je le parcours de long en large. Mais je ne la trouve toujours pas. Et s`il lui était arrivé quelque chose ? Et si on était séparées, définitivement ? Je regrette mes mots, et mes pensées. Maëlys, reviens. Je ne regrette pas de t`avoir choisi. Maëlys, reviens, s`il te plait. Je ne te quitterais pas. Impossible. Elle m`a tout appris, sans elle je ne suis plus rien. Nous sommes liées pour vivre ensemble. Être à deux, dans l`infinité du cauchemar dans lequel nous vivons. Ma voix ne chante que pour elle. Sa guitare ne joue que pour moi. L`unité que nous formons ne peut être divisée. Je ferme les yeux quelques minutes, tentant de me remémorer les moindres recoins de notre enfance. Mes pas m`amènent à la plaine de jeu désaffectée. Mais la balançoire bouge seule, poussée par le vent. Ou peut-être l`arbre, à l`arrière de la banlieue. Endroit reclus qui nous servait d`échappatoire, rempli par nos chansons et nos promesses. Arbre contre lequel nous nous sommes écorché les poings, et qui porte encore la trace de notre sang à force de le frapper. Devenir fortes. Elle l`était déjà, je ne le suis toujours pas. Je m`approche de son tronc et, revoyant son air dur me dire de frapper, je sers le poing avant d`étouffer un léger cri de douleur.
__________ « - La colère dope ta poigne. Tu vois, chaque matin, je fais de la boxe. Je tape à m`en tuer les poings, mais çà me permet de garder mon sang froid. Tape. De toutes tes forces. Le sang n`est rien, juste la preuve de ta puissance. La douleur physique n`est rien face à celle qui écrase ton coeur. Tape de toutes tes forces. Putain, Delia, t`es une fillette ? Tape j`te dis, ne caresse pas, tape. Tu dois frapper, tuer, haïr. Tu m`fais quoi là ? Regarde ! C`est çà qui faut faire. Ne grimaçe pas, ce n`est que du sang. Tape, encore. Plus fort Delia ! PLUS FORT ! »
Je frappe. Grimaces et déchirures. J`hurle en cognant. Seules quelques égratinures sont tracées sur ma main, ayant la peau durcie par ces coups. Forte en apparence. Je me retourne à m`adosse à l`arbre, les yeux perdus dans le vide, avant de repartir. Je fais et refais tous les coins de la banlieue, jusqu`aux ruelles les plus improbables. Mais je ne la trouve toujours pas. Je continue à marcher, espérant qu`elle apparaisse par je ne sais quel miracle. Les yeux rivés au sol, je perds toute notion de temps et de lieu. Quand je relève la tête, je peux lire face à moi Four Seasons New-York. Dernier espoir. Je prie, et n`ose pas rentrer. Je n`ai pas le courage de Maëlys, et j`ai cru, pendant un instant, qu`elle serait là, adossé au même mur que la semaine précédente, avec son sourire malicieux. Mais elle n`est pas là, et la rue est désesperement vide. Je serre les poings, et tombe à genoux sur le trottoir. Pathétique. Les larmes coûlent, et des voix se font entendre.
- Imagine un instant qu`on arrive à ... Delia ?
La voix de Georg se perd. Je relève légèrement mes yeux cendrés de noirs, desquels mon maquillage s`est glissé jusqu`à mes joues blanchies de froid. Merci. La barrière de mes lèvres ne laissent pas franchir l`imploration que je voudrais faire au ciel. Merci de les avoir remis sur ma route. Je me relève, et sans prévenir, je me jette dans les bras de Tom. Ce dernier, à peine surpris, resserre ses bras dans mon dos. Je me laisse aller, et à travers mes larmes, je dégage la souffrance qui est en moi. J`avais oublié à quel point son odeur m`apaisait.
- Aide moi, hoquetais-je, s`il te plait
- Chut, calme toi. Qu`est ce qu`il y a ?
Mes sanglots m`ettoufent, et je n`arrive pas à articuler. Je frôle la crise d`angoisse, et crains de ne jamais revoir Maëlys. Je prends peur, et resserre mon étreinte.
- Maëlys ... je ne sais pas où elle est
Tom acquiesçe. J`entend Gustav s`éloigner, et je perçois des brides de conservations. Ils seront un peu en retard, ils arrivent. Tom se détache de moi, et me prenant la main, m`entraîne avec eux dans l`obscurité de la nuit.
- Pourquoi est-elle partie ?
- Elle s`est encore engueulée avec sa mère, mais je ne sais pas où elle est. J`ai cherché partout.
- C`est à dire ? Relança Bill
- Le terrain de basket, le parc, la plaine de jeu, les rues, les batiments ... Tout.
______ +Point de Vue de Tom+
Sourire, malgré tout.
Le manque s`installe. Elles étaient comme nous, en plus malheureuse. Battue, mourrante et sans amour. Juste du sexe & la volonté de se battre. Je me suis senti jeté dans une vérité que je refusais. L`impression que tout çà m`est inconnu. M`était? Souffrir. Le silence reste, et blesse. Nous sommes tous faux, à attendre. Et attendre quoi. Jusqu`à ce qu`elle nous revienne, en pleurant. Les joues marquées de noir, et sa déchirure. Maelys est partie. De son coeur, de son quotidien, et de chez elle. Où est-elle ? Que fait-elle ? Sourit-elle ? Elles s`accrochent à la vie par la musique, & par la haine. Nous nous accrochions à la notre par la différence, et l`ambition. Nous n`étions pas destiné à les rencontrer, et pourtant, elles ont changé notre vie. Une impression de reconnaissance. Je me suis perdu dans leurs sourires, égarés dans ma passion. Elle, surtout. Partie mais si inerte. Tellement là, tellement prenante. Elle est en moi, jetée dans ma rêverie. Elle m`ouvre un autre univers, celui que je refusais. Bien qu`elle s`en aille, chaque fois pour mieux revenir, son image me reste. Mon coeur se sert, tout se perd. Je m`ennivre, envieux de m`enfoncer dans cette aventure. Mais partie, et Delia abandonnée, je me sens pris dans cet ailleurs. Aller la chercher, me perdre avec elle dans ces rues, dans ce monde. Me faire battre pour elle, entendre les mêmes cris & orgasmes, et jouer sur le même terrain. Je veux jouer sur sa guitare désarcordée et faire l`amour à des mecs qui me répugnent. Je voudrais être elle & avec elle. Moi, Tom Kaulitz, me taisant par fierté, & mentant par orgueil, je ressens ce que je ne voulais pas ressentir. Le besoin d`une autre.
- Je ne me sentais pas, sanglota t-elle, je ne me sentais pas la force d`aller voir Bryan.
- Qui est Bryan ? interrogea Georg.
- Bryan, c`est le gars qu`on va voir quand on a besoin de sous et donc de mecs. Soit il nous trouve un coup un tirer, soit il a des tunes et nous en donne. Et si parfois il a de la drogue ...
Elle ne finit pas sa phrase et baisse la tête. Je vois que sans Maëlys, elle n`assume pas ce qu`elle est. Bill, l`air grave, acquiesse et Delia nous entraine à travers quelques impasses. Nous arrivons aux portes d`une maison insalubre mais bruyante. Delia sonne et un pré-adulte nous ouvre. Je n`aime pas ses manières. Il prend Delia par la taille et lui dépose un bisou dans le cou.
- Salut ma belle, t`as amené des copains à ce que je vois.
- Non Bryan, j`ai besoin d`aide ...
- J`ai tout ce qu`il te faut, la coupa t-il. En ce moment, j`ai eu pas mal de dose, je peux t`en faire une pas trop chère. Ca vous permettrait de bien ...
- Non non, j`ai juste besoin de savoir où est Maëlys.
- Eh princesse, j`suis pas les renseignements. Moi j`te donne des mecs à sucer. Des qui te prennent et qui t`ouvrent les cuisses. Et comme j`aime bien ta gueule, j`te propose les extras. En plus, comme Maëlys baise bien, j`vous fait toujours des prix et je vous donne les meilleurs bites ...
Dégoûté. L`effroyable vulgarité de ce monde m`écrase.
- Viens Delia, on s`en va.
On quitte cette endroit malsain, un silence alourdissant l`air. Delia nous fuit, évitant nos regards. On la suit une heure durant, mais nos pas nous ramène à l`hôtel. Il a fallu qu`on échange impasses contre boulevards, obscurité contre lumière. Et Bill hoquète. Elle est là, recroquevillée contre un mur. Les passants ne la voient même pas. Genoux contre elle, elle relève la tête. Surprise. Son oeil droit est noir, pris sous un bleu impressionnant. Sa joue a gonflé, autant que ses yeux sont rougis. Elle n`est pas maquillée, et son sourire me parait lointain. Delia colle sa tête contre mon torse, et pleure un peu plus. Alors Maëlys se fait battre ? Delia ne bouge pas, & nous sommes aussi immobiles. Là, Bill oublie toute fierté, & s`avance. Il tend sa main à la jeune fille, qui se relève. Il tente de la prendre dans ses bras, et elle me parait fragile. Fragile ...
Elle le repousse, tête baissée.
- Ca va, t`en fais pas ...
& là, Delia hurle, se détache de moi, et se jette dans les bras de son amie. Cette sourire retient ses larmes, et serre celle qu`elle considère comme sa petite soeur.
- Schwester ...
Delia s`effondre dans ses bras.
Comment avons-nous pu croire qu`elles s`en sortiraient seules.
- Dis leur merci, chuchotte Delia
- Non, ils le save..
- DIS LEUR MERCI ...
Delia s`écarte et jette un regard perdu à Maëlys. Cette dernière mord sa lèvre inférieure, et nous regarde. Elle étouffe un merci entre ses lèvres, et Delia revient vers moi. Sa main est plus petite que la mienne, et elle la glisse contre moi.
La nuit, les maux se meurent.
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Voilà . On s`est faite plus qu`attendre, mais il y a eu les vacances, & le boulot.
On a passé la nouvelle année ensemble & Morgan a découvert sa nouvelle belle-famille :)
& puis on espère que ce chapitre vous plaira quand même. On découvre un peu plus ce qui lit à la fois Maëlys&Delia, et les deux filles aux garçons. La suite viendra plus vite, on espère :)
On vous remercie pour votre fidélité
Voilà . On s`est faite plus qu`attendre, mais il y a eu les vacances, & le boulot.
On a passé la nouvelle année ensemble & Morgan a découvert sa nouvelle belle-famille :)
& puis on espère que ce chapitre vous plaira quand même. On découvre un peu plus ce qui lit à la fois Maëlys&Delia, et les deux filles aux garçons. La suite viendra plus vite, on espère :)
On vous remercie pour votre fidélité
