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*Non Tom, je ne monte pas .Tu vois, j`aurais peur d`y_________________________ Das ist nicht der letzte tag. prendre goût. *

*Non Tom, je ne monte pas .Tu vois, j`aurais peur d`y_________________________ Das ist nicht der letzte tag. prendre goût. *
Kind Der Schande. _______

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______ +Point de Vue de Delia+

Je ne sais pas ce que je fais ici. Maëlys se frotte les mains l`une contre l`autre et souffle dessus. Il fait froid, et la nuit est tombée depuis plusieurs heures. Je commence à fatiguer, et je n`ai pas parlé depuis que j`ai dû quitter la chaleur de mon lit. Lili m`a retrouvée ainsi, enroulée dans mes couvertures, et le coeur en miettes. Elle m`a serré, fort, trop fort, et m`a bercé. La rue me parait silencieuse, mais nous avançons à travers la noirceur de la pauvreté. Au loin, la richesse nous éblouie, mais fermant mollement les yeux, nous parvenons à nous hisser jusqu`à ce tapis de couleur. La ville nous apparait comme bruyante, et menteuse, mais Maëlys m`entraîne. Elle m`a toujours entraîné. Enfant, elle m`a tout appris. La vie, et la persévérance. Si je tombais, elle me relevait sans prendre compte de mes égratignures, et elle me jetait à nouveau sur le chemin. Elle me poussait toujours à me battre, à survivre, à croire en un avenir meilleur. J`ai appris à vivre avec elle, et je sais que si elle mourrait, j`en perdrais la vie. Maëlys n`est pas une simple amie. Elle est un tout. Elle me forme et me constitue. Au fond, elle est la seule chose qui me garde en vie. Et cette nuit encore, elle me pousse vers des limites que je ne veux pas franchir.

_________« - Delia, on va y aller ce soir
_________« - Non, je ne préfère pas. Je veux pioncer
_________« - C`était pas une question ! »


_____Four Seasons New-York.

J`observe d`en bas l`immense bâtiment et ravale une envie de m`éloigner. Je m`imagine courir, et m`enfuir, mais la main de Maëlys me serre, tandis qu`elle m`entraîne à l`intérieur. Je soupire, et la laisse faire. Je sais que c`est une mauvaise idée. Ce genre de bâtiment ne m`intimide plus depuis longtemps. De façade, il me rappelle celui où nous allons régulièrement pour chercher à manger, et des éléments de bases. Ce dernier nous écoeure, maintenant. Obligée de dépendre de la société pour ne pas mourir est une idée que nous n`acceptons pas. Sinon la façade, l`intérieur est différent. Or, et brillant, nous faisons tâche parmi la luxure. Maëlys s`avance jusqu`à la réception. Un regard, bonjour, et dégage. Elle se lance pourtant. Pathétiquement vôtre.

- Mesdemoiselles ? Nous demanda un standardiste hautain

Il nous regarde avec dédain, déclinant notre tenue et notre origine. Pauvre con.

- Nous voudrions voir des amis...
- Veuillez sortir s`il vous plait.

Un claquement de langue, et une objection. Il n`a pas pris la peine de s`interesser. L`ordre ne me surprend qu`à peine. Qu`avait cru Maëlys en rentrent ici ? Mais elle ne semble pas s`arrêter là. Elle s`apprêtait presque à insister, et pourtant, elle se dirigea jusqu`à la sortie. Jusqu`à ce que les gardes ne s`amusent à nous dénigrer, comme si nous étions les pires détritus. Au fond, ils n`avaient pas tord. Nous n`aurions pas dû venir ici. Des filles comme nous n`avons pas notre place dans cet immense hall. La vérité nous explose une nouvelle fois à la gueule, mais nous en avons vu tant d`autres. Nous sommes blindées, prêtes aux pires douleurs. Nous n`aurions pas dû venir, non. Nous nous sommes trompées, et Maëlys, affublée de nouvelles illusions sembla perdre son sang froid.

- Mesdemoiselles, je crois que vous vous trompez d`endroit. On n`accepte pas les demeurées ici.
- JTEMMERDE PAUVRE CON ...
- Maëlys ?

La voix de Tom mit fin à la possible bagarre, et Maëlys sembla se radoucir légèrement, à mon plus grand étonnement. Je fus presque jalouse de l`influence du garçon, tandis qu`il nous suivit dehors, sous le regard encore haineux de Maëlys.

- J`ai entendu crier en descendant jusqu`à la réception.
- Tu m`étonnes. Tu vis dans un monde de merde, Tom.

Maëlys s`était installé contre un mur, le visage fermé. Je l`observais de loin, mais mon regard quittait rarement le dreadé. Au fond, malgré nos différences, j`étais presque heureuse d`avoir fait sa connaissance. Je ne connaissais presque rien de lui, mais il m`apparaissait comme un être humain, qui avait feins la distinction des banlieues. Il avait suivi mes propres pas, pénétrant dans un monde qui n`est pas le sien. J`avais trouvé Maëlys en pleine désobéissance. Mais lui, qu`avait-il trouvé ?

- Vous montez ?
- Non Tom, répondit rapidement Maëlys. Tu vois, j`aurais peur d`y prendre goût.

Ironie, et pourtant, Tom sourit. Il ne semble même plus surpris de notre froideur, et s`y habitue. Plus j`y réfléchi, et plus ce monde ne me manque pas. Car si je devais un jour y retourner, j`y perdrais Maëlys. & cette idée m`est insupportable. Je suis en retrait, discrète. J`ai l`horrible impression de ne pas être présente, et d`être inexistante. Maêlys s`approche de Tom, et le saisissant par la taille, dépose un baiser sur le cou du garçon. Séductrice, et provocante, elle murmura très vite à son oreille.

- Adieu, bel inconnu.

Elle s`éloigna alors du garçon, dans un dernier sourire sincère, et m`attrapa la main. « On s`en va » J`acquiesçais juste, prête à quitter cet espoir en sa compagnie, mais l`allemand ne le vit pas ainsi.

- Hey, attendez moi dans le parc. Je vous y rejoins dans quelques minutes ...

Je ne comprends rien. Je me sens perdue, entre un désir insoutenable de faire ce qu`il me dit, & celui de partir en courant. Je prends peur de ce garçon, autant qu`il m`attire. J`entend Maëlys qui s`éloigne, et pivotant, je la rejoins, laissant Tom pénétrer à nouveau dans l`hôtel. Nerveusement, elle donne un coup de pied dans une canette, et enfonce ses mains dans les poches de son jean, trop grand pour elle.

- Ca me soule.
- De quoi ? Demandais-je
- Lui. Pourquoi j`me sens tellement attiré par lui ? Je ne le connais même pas & je pense à lui à chaque seconde. En quelques secondes, tu rencontres la personne qui bouleverse tout. Il est comme un tournant que je n`attendais pas. & là, tout s`enchaîne & la vie court plus vite que moi. Trop vite, putain ...
- Mais Tom a dit qu`il redes...
- Je ne te parle pas de Tom.

Son regard se fixe dans le mien, et nous nous arrêtons. Elle ne parle pas de Tom ? L`évidence s`égare alors que je crois voir des larmes perler au coin de son regard. De qui peut-il s`agir s`il n`est pas question de Tom ? Son visage s`impose, et je comprends. Les dreads deviennent ébènes, et le piercing change de place. Du sourire séducteur on passe au sourire malicieux. De Tom, on passe à Bill, et je souris. Je souris de jalousie, et de rancoeur. Mes battements de coeur s`accèlèrent, et je me sens trahie. Amoureuse, Maëlys ? Cette réalité m`écoeure, et je pivote. Juste assez pour voir Tom arriver, avec ses trois amis. Une guitare en main, il s`avança et nous fit un clin d`oeil, entrant le premier dans le parc. Georg tenait dans ses mains une autre guitare, et une basse. Bill et Gustav s`étaient amusés à descendre des boites cylindriques en métal. Nos rires se mêlèrent aux siens, alors qu`assis dans l`herbe, à l`entrée du parc, les premiers accords se firent. Maëlys ne jouait pas, et observait juste le jeu de Tom, presque supérieure. Juste à ses côtés, Georg était concentré sur son propre instrument, semblant le maîtriser d`une manière impressionante. Et Gustav, sous les rires de Bill, s`amusait avec ses baguettes à faire résonner le métal. Au final, il arrivait à faire d`un rien un tout que nous ne pouvions croire. Maëlys me préoccupa une nouvelle fois. Elle tentait de percevoir le moindre son, qui pourrait la mener plus haut. Lentement, Bill entama les premières notes, et sa voix s`éleva à travers l`air. Moi, paralysée, j`observais cette nouvelle symphonie d`un oeil inquiet. Je sentais la dépendance, et au loin, j`arrivais à percevoir la douleur. Mais Maëlys ne la vit pas, commençant enfin à jouer de son instrument. Trop influencée, sans doute, je repris le refrain avc Bill. Et nous six, ici, dans ce parc, était ce qu`il y avait de plus beau. Je poussais ma voix à l`extrème, en complicité avec l`autre chanteur. Sa main attrapa la mienne, et je la serrai. Je chantais, pour lui, et pour elle. Mon regard croisa celui de Maëlys, complice.

Je me souviens des premiers instants. Maëlys habitait un vieille maison, en bordure de l`autoroute. Dès les premiers jours, sa mère avait changé de petit ami chaque lendemain, et je me sentais presque de trop dans cet univers, hurlant l`alcool et la solitude. Dans sa petite chambre, Maëlys avait crée un autre univers, entre cocon et secret. Dans le coin, une vieille guitare traînait. J`observais l`instrument avec des yeux brillants, sans me rendre compte que c`était là toute la vie de ma nouvelle amie. J`étais jeune, et sortir chaque jour dans la rue pour trouver de l`argent me parut d`abord rude. Mais je prenais sur moi. Je l`avais choisi, non ? Alors Maëlys m`éduqua. Elle m`apprit les bonnes, et les mauvaises personnes. Elle m`apprit le secours populaires, la manche et la prostitution. Elle m`apprit la force, et la supériorité. Et elle m`apprit la vie. Elle comblait mon coeur, et m`offrit la musique. Ses mains sur le bois de l`instrument, elle m`obligeait à l`accompagner. Je chantais. Et je l`écoutais.

« Arrête de penser aux autres. Chante et oublie que tu
n`es pas seule. Fais ressortir ce que tu as au fond des
tripes. La colère dopera ta voix »

Je lui demandais plusieurs fois pourquoi elle ne chantait pas dans la rue. Et ce fut toujours la même réponse. Elle ne voulait salir la seule passion qui lui restait. Peu à peu, nous offrîmes notre rage aux partitions, et nous écrivîmes nos propres chansons. Peu à peu, nous devenions complices, soeurs, et amantes. Il nous arrivait de dormir dans le même lit. Il nous arrivait de rapprocher nos corps. Mais çà n`avait aucune valeur. Nous le faisons avec d`autres garçons, et d`autres mondes. Tout me semblait éphémère, et payant. Je savais que la vie avait un prix. Et cette nuit là, dans ce parc, en avait un aussi. Leurs mains sur leurs instruments, et nos voix en harmonie, je me sentais à la fois épanouie et heureuse. Presqu`autant que lorsque nous nous allongeâmes tous sur le bitume d`un chemin. Les bras croisés, et le regard vers les étoiles, le silence prenait peu à peu forme.

- Vous trouvez pas çà bizarre ? Demanda Gustav, murmurant
- La vie est bizarre, tu sais. Répondis-je. Elle te bouffe et t`oblige à y rester.
- Comment vous faites ?
- On fait pas, enchaîna Maëlys. Ou on fait, mais mal. On n`a pas compris les bonnes règles du jeu. On a crée les notres, mais on s`est trompé. Ou alors, c`est là haut qu`il y a eu un problème. Ils se sont trompés dans les options, et nous ont collé dans la merde.

Georg se redresse légèrement, coude appuyant sur le sol. Son regard sembla briller, mais nous ne relevîmes pas. Pourquoi, et comment. Notre existence, aussi absurde soit-elle, tournait autour de ces questions. Pourquoi sommes-nous ici, et comment avons-nous fais pour survivre ?

- Je suis heureux de vous connaître.
- Merci Georg, ajoutais-je.

Nous aussi, on est heureuse. Mais cette phrase resta en suspens dans ma gorge. Merci, oui.

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______ +Point de Vue de Georg+

- En fait, je crois que je vous admire.
- C`est des conneries de dire çà, répliqua vivement Maëlys. Tu penses nous admirer, mais il n`y a rien de beau dans la prostitution ou la pauvreté. Au fond, c`est vous que les gens admirent, et c`est sur nous qu`ils crachent. Tu vois, il y a bien des choses qu`on a compris depuis un sacré bout de temps

La jeune brune s`était levé, et me fixait à présent. Je distinguais dans son regard, sinon la rancoeur habituelle, une pointe d`exaspération. Comme si elle n`attendait que de partir de ce monde, tout en y restant par fierté. Je comprenais de plus en plus le sourire des jumeaux quand ils étaient rentrés l`autre soir. Je comprenais cet apaisement, et ce sentiment qui semblait leur prendre le coeur.

_________« - Tom, appelle le numéro encore une fois !
_________« - J`te dis qu`elles nous en ont donné un faux
_________« - Quelles connes ! »


Mais pourtant, derrière cette grimaçe, nous avions perçu comme de la malice. Elles étaient l`éclat. Et il était temps de rallumer les étoiles.

- Je n`admire pas ce côté là. J`admire la façon dont vous vous battez.
- Si j`étais à votre place, dis Tom, j`me serais tué depuis longtemps.
- On aurait pu se tuer, enchaîna Delia, mais j`suis pas sûre que là haut, ce soit mieux. Qui te dit qu`il n`y a pas encore une distinction entre vous & nous ? De toute façon, dans la merde ou non, la suicide ne parle pas de tristesse, mais d`égoisme. Si un jour je découvre que Maëlys se tue ...

Elle lui en voudra, mais elle sera partie. Delia ne finit pas sa phrase, mais nous en percevons le sens. Au loin, les derniers enfants rentrent chez eux, et une légère brise se lève. Une sorte de brouillard se met en place, et Maëlys se rallonge sur le sol. Je fais de même, et me perd dans mes songes. Je les admirais, parce qu`elle avait trouvé le moyen de se battre. Persévérante, elles n`avaient pas abandonné à la moindre difficulté. Je les imaginais sur un chemin, les mains et les genoux écorchés, avançant malgré la fatigue et la fin. J`imaginais les gens autour, leur criant des ignominies. Et puis, finalement, je me suis dis qu`elle était plus courageuse que nous. Notre seule difficulté était d`affronter les médias, et les fans. Nous mangions chaque jour, et avions un toit où dormir. Elles, elles se levaient le matin sans savoir ce qu`elles allaient devoir faire pour manger. Et pourtant, dans ce parc, j`ai eu l`impression de ne voir que des amis, s`amusant & jouant au ryhtme des battements de nos coeurs. Mais elles, elles n`oubliaient pas nos origines. Trop enfoncées dans leur douleur, elles en viendraient à nous haïr si elle savez la vérité. Et honnêtement, çà me tue.

- Oh, s`exclama Tom en chuchottant. Elles dorment --"

Je me redressais légèrement, juste assez pour voir qu`en effet, nos deux étoiles s`étaient assoupies. La réalité, et les dures journées. Nous ne savions presque rien d`elles, et nous pensions les comprendre. Prétention. Gustav fut le premier à se lever, et on l`observa, douteux. Il s`agenouilla devant Maëlys et glissa une main agile dans la poche de son jean.

- Tu fais quoi ? Chuchotais-je
- On va pas les laisser pioncer ici, répondit-il alors en tentant de sortir le porte feuille de sa poche
- Elles pourraient monter, proposa Bill
- Et nous tuer après ? VICToiire

Presque hurlant, il avait fini par baisser la voix, le porte feuille en main. L`objet était banal, noir et en faux cuir. Même si sceptique, nous étions curieux. Gustav l`ouvrit habilement. Vide fut la première impression. Il n`y avait pas d`argent, et pas même de réels papiers. Y trônaient seulement quelques photos, et une carte d`identitée un peu déchirée. Un sourire, et le terrain de basket. Jolies, et éblouissantes. Tom s`empara de cette photo d`elle deux, et dans un sourire, la glissa dans sa poche. Nous ne relevâmes pas, et notre regard se porta sur Gustav.

- Vous connaissez Mandson Street ?

Ca me parut légèrement absurde de poser la question, puisque nous n`étions pas d`ici.

- Ca doit être près du terrain de basket de l`autre soir, ajouta Bill dans un regard pour son jumeau. Ce dernier acquiesça d`ailleurs, et il fut le premier à se lever.
___Komm Mit

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______ +Point de Vue de Bill+

Nous marchons depuis maintenant une heure. Tom, galant, a pris Delia dans ses bras, qui instinctivement, et sans se réveiller, avait entouré ses jambes autour de sa taille. Maëlys somnolait dans les bras de Georg, sans même réfléchir à ce qu`il se passait. Èpuisées. Voilà l`idée qui s`étira sur mes lèvres alors qu`on arrivait enfin au terrain de basket. Aussi vide et silencieux que l`autre soir, j`esquissais un sourire, entraînant d`un même pas les autres vers les bungalow environnant. C`était sûrement là, quelque part. Gustav me rappella le numéro 26, en rangeant enfin les papiers dans le porte feuille.
Nous traversions la bout et je pris conscience de ma superficialité. En vérité, et jusqu`à maintenant, seul mon argent et mon apparence comptait. Je chantais par besoin, et par orgueuil. Mon ambition était de feindre les normes et d`en faire mon identitée. Mais ici, dans cette ville, je perdais mes convictions & mes repères. Mes baskets, dans la boue, et mon maquillage coulant par le froid ne m`occupaient pas. Pour une des premières fois, je ne me préoccupais pas de moi. J`avais pourtant un caractère très égoiste.

- Numéro 12

J`acquiesçais à la remarque de Georg, et m`enfonça un peu plus dans la pénombre. 12. 14. 16. 18. Une nouvelle allée, de nouvelles peurs. 20. 22. 24. Et l`horreur. Je m`arrêtai au milieu des rares herbes, observant la fenêtre ouverte, d`où se dégageait une lumière industrielle. À travers les rideaux dégagés, nous pouvions distinguer une femme, blonde, et pulpeuse, dans les bras d`un homme. Un lit, des cris, et des râlements. C`était çà, baiser, alors ? J`imaginais nos amies, dans cette même position, cette même situation, et je retins un haut le coeur. Merde. Comment une mère peut-elle faire çà à son enfant ?
L`horreur m`empare, et je me sens sombrer. Je comprends alors. Et j`en grimaçe. De rage.

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______ +Point de Vue de Maëlys+

____Ich muss durch den monsun

J`entends des cris, et des bruissements d`arbres. Au loin, le bruit de l`eau m`apaise. J`ouvre lentement les yeux, étourdis par l`obscurité. Je ne sais pas où je suis, et je sens qu`un corps, contre le mien, se dégage. Je ne comprends pas. Mon dernier souvenir est un parc, et de la musique. Je repousse la personne et tombe à terre, taille pliée. Relevant mon regard, les cheveux devant les yeux, je jette un regard glacial à Georg. Je n`ai pas besoin de réfléchir, je sais où on est. Devant chez moi, entendant ma mère jouir d`être le vide couille d`un homme important. Je grimaçe, et m`apprête à hurler. Je me sens trahie, violée, mise à nue. Je suis touchée dans ma fierté, et je déteste çà.

- Dégagez ...
- Maëlys, commença Gustav, écoute ...
- M`chante pas la messe. Foutez moi le camp !

J`entends que Delia se bouge légèrement et que Tom la pose tendrement sur le sol. Presqu`attendrie, je la regarde se frotter les yeux, et assiste à sa surprise. Elle devient blanche, et s`éloigne légèrement, horrifiée. Je serre mes poings, et les observent. Ils attendant qu`on se calme, mais pas cette fois. Ils n`avaient pas à venir ici. Delia s`approche de moi, et pose son bras sur le mien. Dans un regard, elle me supplie de ne pas m`énerver, mais je me dégage de son emprise, et récupère mon porte feuille dans un mouvement rageux.

- J`vous interdis d`venir ici, les demeurés. Allez, bougez. J`veux plus vous voir
- Lili, murmure Delia
- Dégage Delia, putain ...

Je la repousse et Tom, dans un mouvement, la récupère.

____Ohne dich, denkst du kann ich nicht. Ohne dich, denkst du kann ich nicht

Je commence à perdre mon sang froid, et tout rapport à la réalité. Delia ne peut pas comprendre. Ce n`est pas sa mère qui baise devant le monde entier, mais la mienne. Ce n`est pas la sienne qui boit à s`en tuer, mais la mienne. Ce n`est pas elle qui vit dans cette merde depuis qu`elle a été jeté au monde comme un vulgaire détritus. À peine nourrie, je devais me battre pour vivre. Et eux, ils s`appropriaient cette horreur que je voulais cacher. Mon regard se perdit dans Delia. Non, ce n`était pas sa mère, car la sienne était morte. Pourquoi voulais-je tant que la mienne meurt ?

- Dégagez, s`il vous plait ...

____Je sais qu`il existe, un chemin pour oublier. Ne soyons pas triste & apprenons à rêver

Je leur tourne le dos, et m`avance à travers le sol boueux jusqu`à ce qui me serre de maison. La porte claque, et je sais qu`à travers la fenêtre, ils ne verront pas ma mère s`arrêter, bien au contraire. Ils me verront traverser la chambre de cette dernière, sans un regard pour la situation présente, et ils me verront m`enfermer dans le fond du bungalow. Ils diront un dernier adieu à Delia, qui se dégagera des bras de Tom dans une dernière excuse, et partiront. Et moi, de mon côté, je ne leur pardonnerais pas.
___Sweet Nightmares.

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______ +Point de Vue de Tom+

Le chemin du retour m`hante. J`ai l`impression d`avoir été tué, brisé dans mes certitudes. Cette vie n`existait pas pour nous, et la voilà présentée à nos regards comme une vulgaire réalité. L`envie de les sauver me prend. Je me retiens d`aller les chercher, et de les emmener de force. Nous réalisons que les instruments étaient restés dans le parc, et nous estimons avoir eu de la chance de les retrouver ici. Je reste choqué, détruis par cette vie. Maëlys & Delia ne méritent pas çà. Et ces regards de haine, mêlés à ceux de rage, et de douleur. Je soupire, et reprend mon instrument. Les souvenirs restent, et au fond de ma poche, je caresse le papier glacé de la photo.
Ce n`est pas fini.
____Das ist nicht der letzte tag.




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Voilà . On s`est faite attendre, mais Alixe est en examen de trimestre & Morgan en Bac Blanc.
Du coup, pour se faire pardonner, on vous a mis le chapitre trois & le quatre en un seul :)
En échange, on attend vos remarques, impressions & critiques.
Danke, & Kussën :)

# Posté le jeudi 22 novembre 2007 12:28

Modifié le samedi 24 novembre 2007 16:35

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