Kind Der Schande. _______
x
x______ +Point de Vue de Delia+Je ne sais pas ce que je fais ici. Maëlys se fr
otte les mains l`une c
ontre l`autre et s
ouffle dessus. Il fait fr
oid, et la nuit est t
ombée depuis plusieurs heures. Je c
ommence à fatiguer, et je n`ai pas parlé depuis que j`ai dû quitter la chaleur de m
on lit. Lili m`a retr
ouvée ainsi, enr
oulée dans mes c
ouvertures, et le c
oeur en miettes. Elle m`a serré, f
ort, tr
op f
ort, et m`a bercé. La rue me parait silencieuse, mais n
ous avanç
ons à travers la n
oirceur de la pauvreté. Au l
oin, la richesse n
ous ébl
ouie, mais fermant m
ollement les yeux, n
ous parven
ons à n
ous hisser jusqu`à ce tapis de c
ouleur. La ville n
ous apparait c
omme bruyante, et menteuse, mais Maëlys m`entraîne. Elle m`a t
ouj
ours entraîné. Enfant, elle m`a t
out appris. La vie, et la persévérance. Si je t
ombais, elle me relevait sans prendre c
ompte de mes égratignures, et elle me jetait à n
ouveau sur le chemin. Elle me p
oussait t
ouj
ours à me battre, à survivre, à cr
oire en un avenir meilleur. J`ai appris à vivre avec elle, et je sais que si elle m
ourrait, j`en perdrais la vie. Maëlys n`est pas une simple amie. Elle est un t
out. Elle me f
orme et me c
onstitue. Au f
ond, elle est la seule ch
ose qui me garde en vie. Et cette nuit enc
ore, elle me p
ousse vers des limites que je ne veux pas franchir.
_________« - Delia, on va y aller ce soir
_________« - Non, je ne préfère pas. Je veux pioncer
_________« - C`était pas une question ! »_____Four Seasons New-York. J`
observe d`en bas l`immense bâtiment et ravale une envie de m`él
oigner. Je m`imagine c
ourir, et m`enfuir, mais la main de Maëlys me serre, tandis qu`elle m`entraîne à l`intérieur. Je s
oupire, et la laisse faire. Je sais que c`est une mauvaise idée. Ce genre de bâtiment ne m`intimide plus depuis l
ongtemps. De façade, il me rappelle celui
où n
ous all
ons régulièrement p
our chercher à manger, et des éléments de bases. Ce dernier n
ous éc
oeure, maintenant.
Obligée de dépendre de la s
ociété p
our ne pas m
ourir est une idée que n
ous n`accept
ons pas. Sin
on la façade, l`intérieur est différent.
Or, et brillant, n
ous fais
ons tâche parmi la luxure. Maëlys s`avance jusqu`à la récepti
on. Un regard, b
onj
our, et dégage. Elle se lance p
ourtant. Pathétiquement vôtre.
- Mesdem
oiselles ? N
ous demanda un standardiste hautain
Il n
ous regarde avec dédain, déclinant n
otre tenue et n
otre
origine. Pauvre c
on.
- N
ous v
oudri
ons v
oir des amis...
- Veuillez s
ortir s`il v
ous plait.
Un claquement de langue, et une
objecti
on. Il n`a pas pris la peine de s`interesser. L`
ordre ne me surprend qu`à peine. Qu`avait cru Maëlys en rentrent ici ? Mais elle ne semble pas s`arrêter là. Elle s`apprêtait presque à insister, et p
ourtant, elle se dirigea jusqu`à la s
ortie. Jusqu`à ce que les gardes ne s`amusent à n
ous dénigrer, c
omme si n
ous éti
ons les pires détritus. Au f
ond, ils n`avaient pas t
ord. N
ous n`auri
ons pas dû venir ici. Des filles c
omme n
ous n`av
ons pas n
otre place dans cet immense hall. La vérité n
ous expl
ose une n
ouvelle f
ois à la gueule, mais n
ous en av
ons vu tant d`autres. N
ous s
ommes blindées, prêtes aux pires d
ouleurs. N
ous n`auri
ons pas dû venir, n
on. N
ous n
ous s
ommes tr
ompées, et Maëlys, affublée de n
ouvelles illusi
ons sembla perdre s
on sang fr
oid.
- Mesdem
oiselles, je cr
ois que v
ous v
ous tr
ompez d`endr
oit.
On n`accepte pas les demeurées ici.
- JTEMMERDE PAUVRE C
ON ...
- Maëlys ?
La v
oix de T
om mit fin à la p
ossible bagarre, et Maëlys sembla se rad
oucir légèrement, à m
on plus grand ét
onnement. Je fus presque jal
ouse de l`influence du garç
on, tandis qu`il n
ous suivit deh
ors, s
ous le regard enc
ore haineux de Maëlys.
- J`ai entendu crier en descendant jusqu`à la récepti
on.
- Tu m`ét
onnes. Tu vis dans un m
onde de merde, T
om.
Maëlys s`était installé c
ontre un mur, le visage fermé. Je l`
observais de l
oin, mais m
on regard quittait rarement le dreadé. Au f
ond, malgré n
os différences, j`étais presque heureuse d`av
oir fait sa c
onnaissance. Je ne c
onnaissais presque rien de lui, mais il m`apparaissait c
omme un être humain, qui avait feins la distincti
on des banlieues. Il avait suivi mes pr
opres pas, pénétrant dans un m
onde qui n`est pas le sien. J`avais tr
ouvé Maëlys en pleine dés
obéissance. Mais lui, qu`avait-il tr
ouvé ?
- V
ous m
ontez ?
- N
on T
om, rép
ondit rapidement Maëlys. Tu v
ois, j`aurais peur d`y prendre g
oût.
Ir
onie, et p
ourtant, T
om s
ourit. Il ne semble même plus surpris de n
otre fr
oideur, et s`y habitue. Plus j`y réfléchi, et plus ce m
onde ne me manque pas. Car si je devais un j
our y ret
ourner, j`y perdrais Maëlys. & cette idée m`est insupp
ortable. Je suis en retrait, discrète. J`ai l`h
orrible impressi
on de ne pas être présente, et d`être inexistante. Maêlys s`appr
oche de T
om, et le saisissant par la taille, dép
ose un baiser sur le c
ou du garç
on. Séductrice, et pr
ov
ocante, elle murmura très vite à s
on
oreille.
- Adieu, bel inc
onnu.
Elle s`él
oigna al
ors du garç
on, dans un dernier s
ourire sincère, et m`attrapa la main. «
On s`en va » J`acquiesçais juste, prête à quitter cet esp
oir en sa c
ompagnie, mais l`allemand ne le vit pas ainsi.
- Hey, attendez m
oi dans le parc. Je v
ous y rej
oins dans quelques minutes ...
Je ne c
omprends rien. Je me sens perdue, entre un désir ins
outenable de faire ce qu`il me dit, & celui de partir en c
ourant. Je prends peur de ce garç
on, autant qu`il m`attire. J`entend Maëlys qui s`él
oigne, et piv
otant, je la rej
oins, laissant T
om pénétrer à n
ouveau dans l`hôtel. Nerveusement, elle d
onne un c
oup de pied dans une canette, et enf
once ses mains dans les p
oches de s
on jean, tr
op grand p
our elle.
- Ca me s
oule.
- De qu
oi ? Demandais-je
- Lui. P
ourqu
oi j`me sens tellement attiré par lui ? Je ne le c
onnais même pas & je pense à lui à chaque sec
onde. En quelques sec
ondes, tu renc
ontres la pers
onne qui b
ouleverse t
out. Il est c
omme un t
ournant que je n`attendais pas. & là, t
out s`enchaîne & la vie c
ourt plus vite que m
oi. Tr
op vite, putain ...
- Mais T
om a dit qu`il redes...
- Je ne te parle pas de T
om.
S
on regard se fixe dans le mien, et n
ous n
ous arrêt
ons. Elle ne parle pas de T
om ? L`évidence s`égare al
ors que je cr
ois v
oir des larmes perler au c
oin de s
on regard. De qui peut-il s`agir s`il n`est pas questi
on de T
om ? S
on visage s`imp
ose, et je c
omprends. Les dreads deviennent ébènes, et le piercing change de place. Du s
ourire séducteur
on passe au s
ourire malicieux. De T
om,
on passe à Bill, et je s
ouris. Je s
ouris de jal
ousie, et de ranc
oeur. Mes battements de c
oeur s`accèlèrent, et je me sens trahie. Am
oureuse, Maëlys ? Cette réalité m`éc
oeure, et je piv
ote. Juste assez p
our v
oir T
om arriver, avec ses tr
ois amis. Une guitare en main, il s`avança et n
ous fit un clin d`
oeil, entrant le premier dans le parc. Ge
org tenait dans ses mains une autre guitare, et une basse. Bill et Gustav s`étaient amusés à descendre des b
oites cylindriques en métal. N
os rires se mêlèrent aux siens, al
ors qu`assis dans l`herbe, à l`entrée du parc, les premiers acc
ords se firent. Maëlys ne j
ouait pas, et
observait juste le jeu de T
om, presque supérieure. Juste à ses côtés, Ge
org était c
oncentré sur s
on pr
opre instrument, semblant le maîtriser d`une manière impressi
onante. Et Gustav, s
ous les rires de Bill, s`amusait avec ses baguettes à faire rés
onner le métal. Au final, il arrivait à faire d`un rien un t
out que n
ous ne p
ouvi
ons cr
oire. Maëlys me pré
occupa une n
ouvelle f
ois. Elle tentait de percev
oir le m
oindre s
on, qui p
ourrait la mener plus haut. Lentement, Bill entama les premières n
otes, et sa v
oix s`éleva à travers l`air. M
oi, paralysée, j`
observais cette n
ouvelle symph
onie d`un
oeil inquiet. Je sentais la dépendance, et au l
oin, j`arrivais à percev
oir la d
ouleur. Mais Maëlys ne la vit pas, c
ommençant enfin à j
ouer de s
on instrument. Tr
op influencée, sans d
oute, je repris le refrain avc Bill. Et n
ous six, ici, dans ce parc, était ce qu`il y avait de plus beau. Je p
oussais ma v
oix à l`extrème, en c
omplicité avec l`autre chanteur. Sa main attrapa la mienne, et je la serrai. Je chantais, p
our lui, et p
our elle. M
on regard cr
oisa celui de Maëlys, c
omplice.
Je me s
ouviens des premiers instants. Maëlys habitait un vieille mais
on, en b
ordure de l`aut
or
oute. Dès les premiers j
ours, sa mère avait changé de petit ami chaque lendemain, et je me sentais presque de tr
op dans cet univers, hurlant l`alc
ool et la s
olitude. Dans sa petite chambre, Maëlys avait crée un autre univers, entre c
oc
on et secret. Dans le c
oin, une vieille guitare traînait. J`
observais l`instrument avec des yeux brillants, sans me rendre c
ompte que c`était là t
oute la vie de ma n
ouvelle amie. J`étais jeune, et s
ortir chaque j
our dans la rue p
our tr
ouver de l`argent me parut d`ab
ord rude. Mais je prenais sur m
oi. Je l`avais ch
oisi, n
on ? Al
ors Maëlys m`éduqua. Elle m`apprit les b
onnes, et les mauvaises pers
onnes. Elle m`apprit le sec
ours p
opulaires, la manche et la pr
ostituti
on. Elle m`apprit la f
orce, et la supéri
orité. Et elle m`apprit la vie. Elle c
omblait m
on c
oeur, et m`
offrit la musique. Ses mains sur le b
ois de l`instrument, elle m`
obligeait à l`acc
ompagner. Je chantais. Et je l`éc
outais.
« Arrête de penser aux autres. Chante et oublie que tu
n`es pas seule. Fais ressortir ce que tu as au fond des
tripes. La colère dopera ta voix »
Je lui demandais plusieurs f
ois p
ourqu
oi elle ne chantait pas dans la rue. Et ce fut t
ouj
ours la même rép
onse. Elle ne v
oulait salir la seule passi
on qui lui restait. Peu à peu, n
ous
offrîmes n
otre rage aux partiti
ons, et n
ous écrivîmes n
os pr
opres chans
ons. Peu à peu, n
ous deveni
ons c
omplices, s
oeurs, et amantes. Il n
ous arrivait de d
ormir dans le même lit. Il n
ous arrivait de rappr
ocher n
os c
orps. Mais çà n`avait aucune valeur. N
ous le fais
ons avec d`autres garç
ons, et d`autres m
ondes. T
out me semblait éphémère, et payant. Je savais que la vie avait un prix. Et cette nuit là, dans ce parc, en avait un aussi. Leurs mains sur leurs instruments, et n
os v
oix en harm
onie, je me sentais à la f
ois épan
ouie et heureuse. Presqu`autant que l
orsque n
ous n
ous all
ongeâmes t
ous sur le bitume d`un chemin. Les bras cr
oisés, et le regard vers les ét
oiles, le silence prenait peu à peu f
orme.
- V
ous tr
ouvez pas çà bizarre ? Demanda Gustav, murmurant
- La vie est bizarre, tu sais. Rép
ondis-je. Elle te b
ouffe et t`
oblige à y rester.
- C
omment v
ous faites ?
-
On fait pas, enchaîna Maëlys.
Ou
on fait, mais mal.
On n`a pas c
ompris les b
onnes règles du jeu.
On a crée les n
otres, mais
on s`est tr
ompé.
Ou al
ors, c`est là haut qu`il y a eu un pr
oblème. Ils se s
ont tr
ompés dans les
opti
ons, et n
ous
ont c
ollé dans la merde.
Ge
org se redresse légèrement, c
oude appuyant sur le s
ol. S
on regard sembla briller, mais n
ous ne relevîmes pas. P
ourqu
oi, et c
omment. N
otre existence, aussi absurde s
oit-elle, t
ournait aut
our de ces questi
ons. P
ourqu
oi s
ommes-n
ous ici, et c
omment av
ons-n
ous fais p
our survivre ?
- Je suis heureux de v
ous c
onnaître.
- Merci Ge
org, aj
outais-je.
N
ous aussi,
on est heureuse. Mais cette phrase resta en suspens dans ma g
orge. Merci,
oui.
x
x______ +Point de Vue de Georg+- En fait, je cr
ois que je v
ous admire.
- C`est des c
onneries de dire çà, répliqua vivement Maëlys. Tu penses n
ous admirer, mais il n`y a rien de beau dans la pr
ostituti
on
ou la pauvreté. Au f
ond, c`est v
ous que les gens admirent, et c`est sur n
ous qu`ils crachent. Tu v
ois, il y a bien des ch
oses qu`
on a c
ompris depuis un sacré b
out de temps
La jeune brune s`était levé, et me fixait à présent. Je distinguais dans s
on regard, sin
on la ranc
oeur habituelle, une p
ointe d`exaspérati
on. C
omme si elle n`attendait que de partir de ce m
onde, t
out en y restant par fierté. Je c
omprenais de plus en plus le s
ourire des jumeaux quand ils étaient rentrés l`autre s
oir. Je c
omprenais cet apaisement, et ce sentiment qui semblait leur prendre le c
oeur.
_________« - Tom, appelle le numéro encore une fois !
_________« - J`te dis qu`elles nous en ont donné un faux
_________« - Quelles connes ! »Mais p
ourtant, derrière cette grimaçe, n
ous avi
ons perçu c
omme de la malice. Elles étaient l`éclat. Et il était temps de rallumer les ét
oiles.
- Je n`admire pas ce côté là. J`admire la faç
on d
ont v
ous v
ous battez.
- Si j`étais à v
otre place, dis T
om, j`me serais tué depuis l
ongtemps.
-
On aurait pu se tuer, enchaîna Delia, mais j`suis pas sûre que là haut, ce s
oit mieux. Qui te dit qu`il n`y a pas enc
ore une distincti
on entre v
ous & n
ous ? De t
oute faç
on, dans la merde
ou n
on, la suicide ne parle pas de tristesse, mais d`ég
oisme. Si un j
our je déc
ouvre que Maëlys se tue ...
Elle lui en v
oudra, mais elle sera partie. Delia ne finit pas sa phrase, mais n
ous en percev
ons le sens. Au l
oin, les derniers enfants rentrent chez eux, et une légère brise se lève. Une s
orte de br
ouillard se met en place, et Maëlys se rall
onge sur le s
ol. Je fais de même, et me perd dans mes s
onges. Je les admirais, parce qu`elle avait tr
ouvé le m
oyen de se battre. Persévérante, elles n`avaient pas aband
onné à la m
oindre difficulté. Je les imaginais sur un chemin, les mains et les gen
oux éc
orchés, avançant malgré la fatigue et la fin. J`imaginais les gens aut
our, leur criant des ign
ominies. Et puis, finalement, je me suis dis qu`elle était plus c
ourageuse que n
ous. N
otre seule difficulté était d`affr
onter les médias, et les fans. N
ous mangi
ons chaque j
our, et avi
ons un t
oit
où d
ormir. Elles, elles se levaient le matin sans sav
oir ce qu`elles allaient dev
oir faire p
our manger. Et p
ourtant, dans ce parc, j`ai eu l`impressi
on de ne v
oir que des amis, s`amusant & j
ouant au ryhtme des battements de n
os c
oeurs. Mais elles, elles n`
oubliaient pas n
os
origines. Tr
op enf
oncées dans leur d
ouleur, elles en viendraient à n
ous haïr si elle savez la vérité. Et h
onnêtement, çà me tue.
-
Oh, s`exclama T
om en chuch
ottant. Elles d
orment --"
Je me redressais légèrement, juste assez p
our v
oir qu`en effet, n
os deux ét
oiles s`étaient ass
oupies. La réalité, et les dures j
ournées. N
ous ne savi
ons presque rien d`elles, et n
ous pensi
ons les c
omprendre. Prétenti
on. Gustav fut le premier à se lever, et
on l`
observa, d
outeux. Il s`agen
ouilla devant Maëlys et glissa une main agile dans la p
oche de s
on jean.
- Tu fais qu
oi ? Chuch
otais-je
-
On va pas les laisser pi
oncer ici, rép
ondit-il al
ors en tentant de s
ortir le p
orte feuille de sa p
oche
- Elles p
ourraient m
onter, pr
op
osa Bill
- Et n
ous tuer après ?
VICToiire
Presque hurlant, il avait fini par baisser la v
oix, le p
orte feuille en main. L`
objet était banal, n
oir et en faux cuir. Même si sceptique, n
ous éti
ons curieux. Gustav l`
ouvrit habilement. Vide fut la première impressi
on. Il n`y avait pas d`argent, et pas même de réels papiers. Y trônaient seulement quelques ph
ot
os, et une carte d`identitée un peu déchirée. Un s
ourire, et le terrain de basket. J
olies, et ébl
ouissantes. T
om s`empara de cette ph
ot
o d`elle deux, et dans un s
ourire, la glissa dans sa p
oche. N
ous ne relevâmes pas, et n
otre regard se p
orta sur Gustav.
- V
ous c
onnaissez Mands
on Street ?
Ca me parut légèrement absurde de p
oser la questi
on, puisque n
ous n`éti
ons pas d`ici.
- Ca d
oit être près du terrain de basket de l`autre s
oir, aj
outa Bill dans un regard p
our s
on jumeau. Ce dernier acquiesça d`ailleurs, et il fut le premier à se lever.
___Komm Mitx
x______ +Point de Vue de Bill+N
ous march
ons depuis maintenant une heure. T
om, galant, a pris Delia dans ses bras, qui instinctivement, et sans se réveiller, avait ent
ouré ses jambes aut
our de sa taille. Maëlys s
omn
olait dans les bras de Ge
org, sans même réfléchir à ce qu`il se passait. Èpuisées. V
oilà l`idée qui s`étira sur mes lèvres al
ors qu`
on arrivait enfin au terrain de basket. Aussi vide et silencieux que l`autre s
oir, j`esquissais un s
ourire, entraînant d`un même pas les autres vers les bungal
ow envir
onnant. C`était sûrement là, quelque part. Gustav me rappella le numér
o 26, en rangeant enfin les papiers dans le p
orte feuille.
N
ous traversi
ons la b
out et je pris c
onscience de ma superficialité. En vérité, et jusqu`à maintenant, seul m
on argent et m
on apparence c
omptait. Je chantais par bes
oin, et par
orgueuil. M
on ambiti
on était de feindre les n
ormes et d`en faire m
on identitée. Mais ici, dans cette ville, je perdais mes c
onvicti
ons & mes repères. Mes baskets, dans la b
oue, et m
on maquillage c
oulant par le fr
oid ne m`
occupaient pas. P
our une des premières f
ois, je ne me pré
occupais pas de m
oi. J`avais p
ourtant un caractère très ég
oiste.
- Numér
o 12
J`acquiesçais à la remarque de Ge
org, et m`enf
onça un peu plus dans la pén
ombre. 12. 14. 16. 18. Une n
ouvelle allée, de n
ouvelles peurs. 20. 22. 24. Et l`h
orreur. Je m`arrêtai au milieu des rares herbes,
observant la fenêtre
ouverte, d`
où se dégageait une lumière industrielle. À travers les rideaux dégagés, n
ous p
ouvi
ons distinguer une femme, bl
onde, et pulpeuse, dans les bras d`un h
omme. Un lit, des cris, et des râlements. C`était çà, baiser, al
ors ? J`imaginais n
os amies, dans cette même p
ositi
on, cette même situati
on, et je retins un haut le c
oeur. Merde. C
omment une mère peut-elle faire çà à s
on enfant ?
L`h
orreur m`empare, et je me sens s
ombrer. Je c
omprends al
ors. Et j`en grimaçe. De rage.
x
x______ +Point de Vue de Maëlys+____Ich muss durch den monsunJ`entends des cris, et des bruissements d`arbres. Au l
oin, le bruit de l`eau m`apaise. J`
ouvre lentement les yeux, ét
ourdis par l`
obscurité. Je ne sais pas
où je suis, et je sens qu`un c
orps, c
ontre le mien, se dégage. Je ne c
omprends pas. M
on dernier s
ouvenir est un parc, et de la musique. Je rep
ousse la pers
onne et t
ombe à terre, taille pliée. Relevant m
on regard, les cheveux devant les yeux, je jette un regard glacial à Ge
org. Je n`ai pas bes
oin de réfléchir, je sais
où
on est. Devant chez m
oi, entendant ma mère j
ouir d`être le vide c
ouille d`un h
omme imp
ortant. Je grimaçe, et m`apprête à hurler. Je me sens trahie, vi
olée, mise à nue. Je suis t
ouchée dans ma fierté, et je déteste çà.
- Dégagez ...
- Maëlys, c
ommença Gustav, éc
oute ...
- M`chante pas la messe. F
outez m
oi le camp !
J`entends que Delia se b
ouge légèrement et que T
om la p
ose tendrement sur le s
ol. Presqu`attendrie, je la regarde se fr
otter les yeux, et assiste à sa surprise. Elle devient blanche, et s`él
oigne légèrement, h
orrifiée. Je serre mes p
oings, et les
observent. Ils attendant qu`
on se calme, mais pas cette f
ois. Ils n`avaient pas à venir ici. Delia s`appr
oche de m
oi, et p
ose s
on bras sur le mien. Dans un regard, elle me supplie de ne pas m`énerver, mais je me dégage de s
on emprise, et récupère m
on p
orte feuille dans un m
ouvement rageux.
- J`v
ous interdis d`venir ici, les demeurés. Allez, b
ougez. J`veux plus v
ous v
oir
- Lili, murmure Delia
- Dégage Delia, putain ...
Je la rep
ousse et T
om, dans un m
ouvement, la récupère.
____Ohne dich, denkst du kann ich nicht. Ohne dich, denkst du kann ich nichtJe c
ommence à perdre m
on sang fr
oid, et t
out rapp
ort à la réalité. Delia ne peut pas c
omprendre. Ce n`est pas sa mère qui baise devant le m
onde entier, mais la mienne. Ce n`est pas la sienne qui b
oit à s`en tuer, mais la mienne. Ce n`est pas elle qui vit dans cette merde depuis qu`elle a été jeté au m
onde c
omme un vulgaire détritus. À peine n
ourrie, je devais me battre p
our vivre. Et eux, ils s`appr
opriaient cette h
orreur que je v
oulais cacher. M
on regard se perdit dans Delia. N
on, ce n`était pas sa mère, car la sienne était m
orte. P
ourqu
oi v
oulais-je tant que la mienne meurt ?
- Dégagez, s`il v
ous plait ...
____Je sais qu`il existe, un chemin pour oublier. Ne soyons pas triste & apprenons à rêverJe leur t
ourne le d
os, et m`avance à travers le s
ol b
oueux jusqu`à ce qui me serre de mais
on. La p
orte claque, et je sais qu`à travers la fenêtre, ils ne verr
ont pas ma mère s`arrêter, bien au c
ontraire. Ils me verr
ont traverser la chambre de cette dernière, sans un regard p
our la situati
on présente, et ils me verr
ont m`enfermer dans le f
ond du bungal
ow. Ils dir
ont un dernier adieu à Delia, qui se dégagera des bras de T
om dans une dernière excuse, et partir
ont. Et m
oi, de m
on côté, je ne leur pard
onnerais pas.
___Sweet Nightmares. x
x______ +Point de Vue de Tom+Le chemin du ret
our m`hante. J`ai l`impressi
on d`av
oir été tué, brisé dans mes certitudes. Cette vie n`existait pas p
our n
ous, et la v
oilà présentée à n
os regards c
omme une vulgaire réalité. L`envie de les sauver me prend. Je me retiens d`aller les chercher, et de les emmener de f
orce. N
ous réalis
ons que les instruments étaient restés dans le parc, et n
ous estim
ons av
oir eu de la chance de les retr
ouver ici. Je reste ch
oqué, détruis par cette vie. Maëlys & Delia ne méritent pas çà. Et ces regards de haine, mêlés à ceux de rage, et de d
ouleur. Je s
oupire, et reprend m
on instrument. Les s
ouvenirs restent, et au f
ond de ma p
oche, je caresse le papier glacé de la ph
ot
o.
Ce n`est pas fini.
____Das ist nicht der letzte tag. ___________________
Voilà . On s`est faite attendre, mais Alixe est en examen de trimestre & Morgan en Bac Blanc.
Du coup, pour se faire pardonner, on vous a mis le chapitre trois & le quatre en un seul :)
En échange, on attend vos remarques, impressions & critiques.
Danke, & Kussën :)